Dans l’antre du cancer… « Je déteste le connard qui a décidé de souhaiter “bonne santé” pour le nouvel an. Mais ça, c’était avant l’invention du cancer. »
Rappel bref de chiffres, qu'on n'ose jamais nous presenter simultanément. Trop polémique. Trop tabou. Alors pour votre culture des statistiques morbides (source INSERM): En France, chaque année décèdent environ 530 000 pers. (sur 60 millions). Pour majorité, on va dire, la cause est la vieillesse (appareils circulatoire, respiratoire, digestif, maladies diverses). Puis 120 000 dus aux cancers. 11 000 suicides. 10 000 chutes. 10 000 accidents divers. 8 000 routes. 500 homicides. 1 000 au travail... Pour finir 280 000 nouveaux cancers chaque année, 800 000 personnes vivent avec 1 cancer. 2 millions ont eu un cancer. Presque la moitié sont dus au TABAC, une autre bonne partie à l'ALCOOL. Ca calme ! Donc merci d'évoquer enfin la plus grande cause de mortalité des pays développés, et où la France à beaucoup de retard sur le preventif. Charles, dans ton prochain bouquin, tu pourrais parler du tabou du tabagisme (par exemple, chez les medecins qui fument...) et de l'alcool (par exemple, chez nos vignerons qui continue d'affirmer l'effet bénéfique du rouge, contre l'avis général de la médecine). Bref sujet facile pour polémiquer et faire vendre, mais etant donné le nombre de vie en jeux et de souffrance que ca degage... peut-etre qu'un médecin pourrait se lancer sur le sujet en image. Merci encore pour ce très beau bouquin "Bonne santé". J'ajoute pas plus de commentaires aux critiques précédentes, déjà très bonnes.
Avis d'invité laurent
13 Décembre 2005
noir c'est noir ... la mort, le cancer, vu du côté des médecins qui doivent mentir, qui peuvent d'une parole enjoliver le vie ou d'un geste maladroit ou volontaire y mettre fin. c'est fort, monstrueusement vécu, mis en pages commes des petits journaux illustrant des "petits moments" qui en fait décident d'une vie ... on prend ceal dans la figure, brutalement, on essaye de s'iddentifier ... et cela ne peut laisser indiférent. un dessin noir, mis en page de façon forte, alternant avec de simples textes... un travail brillant, une de ces Bd choc comme on en voit peu.
Charles Masson fait tout pour sauver des vies et quand il n’y parvient pas, il nous en parle via la bande dessinée. Charles Masson est également un menteur professionnel, mais malheureusement ces récits et anecdotes correspondent bien à la réalité.
Dans "Soupe Froide" il faisait parler ceux à qui on ne donne jamais la parole, ici il parle de ceux qui ne parleront plus jamais, ceux qui arrivent à l’hôpital avec leur cancer, leur pyjama et leur pantoufles.
Tout comme dans "Soupe Froide" il nous parle d’une injustice et il le fait souvent avec un certain sarcasme et humour noir qui peut choquer mais qui se prête à merveille dans ce genre de situations où il est nécessaire de se former un carapace vis-à-vis du malheur. Eh oui, c’est dur la mort, mais quand c’est la fin d’un cauchemar on relativise.
Tout comme à la fin de "Soupe Froide" on aimerait bien crier « Saloperie de monde ! », mais à l’instar d’un reproche à la société on trouve dans ce nouveau récit une légère mise en question de Dieu, car tant d’horreur inutile peut finir par faire douter. Le récit est un peu moins fluide que dans "Soupe Froide" car divisé en 6 anecdotes/chapitres. Le dessin est toujours assez brut mais efficace et souvent merveilleusement décalé par rapport à la narration.
Et si certains ont déjà du se rendre dans un hôpital début janvier en détournant le regard de ces gens qui se promènent en peignoir et pantouflent et qui sentent la mort, Charles Masson, lui, regarde la mort en face et lui souhaite une "Bonne santé" !