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Bonne santé
Dans l’antre du cancer…
Le Menteur : Pour être médecin, il faut apprendre à mentir. Mentir pour permettre aux patients de ne pas désespérer… Alors forcément, au fil des ans, le mensonge s’installe partout, dans toute votre vie…
Le Prof : Etre le patron, diriger un service, le rêve de tout interne. Pourtant quand les choses tournent mal, on est seul. Seul devant son échec…
Les Pantoufles : Parce qu’avec une robe de chambre, il serait incongru d’avoir des chaussures de villes, les pantoufles sont un élément vestimentaire indissociablement lié à l’univers de l’hôpital. Un point qu’ont parfaitement compris ces patients venus de la campagne, envoyés au CHU de Lyon par un hôpital plus petit, se jugeant mal équipé pour faire face au mal à terrasser… Souvent, le cancer…
La Carapace : Entre médecins, l’humour est grivois, provocateur. Les externes n’ont qu’à bien se tenir, les blagues volent bas, et le plus souvent à leurs dépens. Une façon pour les chirurgiens de se sentir forts, de revêtir une sorte de carapace protectrice…
Madame Lustucru : Sauver le malade, à tout prix. Parfois le malade ne vous en est pas reconnaissant. Comme Madame Lustucru qui, à son réveil fut très déçue de ne pas trouver Saint Pierre en face d’elle.
Romance : Bien entendu, dans une vie de médecin hospitalier confronté au cancer, toutes les histoires ne se finissent pas mal. Certains patients sont durablement sortis d’affaire. Mais pour un médecin, il n’y a pas que les guérisons qui peuvent être heureuses. Il peut parfois se produire de belles morts…
Entre ces six récits poignants, racontés sous forme de bande dessinée, l’auteur nous raconte par bribes écrites un premier janvier en service ORL. L’indispensable tournée dans les chambres des patients pour souhaiter à chacun une bonne année et… une bonne santé ! Un exercice à hauts risques dans un tel contexte, qui amène le narrateur à cette inévitable conclusion « Je déteste le connard qui a décidé de souhaiter “bonne santé” pour le nouvel an. Mais ça, c’était avant l’invention du cancer ».
Médecin ORL, Charles Masson avait fait ses débuts dans la bande dessinée avec un récit de fiction très réaliste, Soupe froide, récompensé en 2004 par le “Prix France Info de la BD d’actualité et de reportage”. Pour son deuxième ouvrage, son dessin a acquis plus de sérénité et d’aisance. Bonne santé est a priori encore plus autobiographique. Mais peu importe que chaque scène soit réelle ou composée. Ce qui importe c’est qu’elles paraissent justes. Qu’elles nous font découvrir le monde de l’hôpital avec les yeux du praticien. Qu’elles nous donnent à comprendre ce que peut être leur environnement, leur mode de vie. Charles Masson ne dénonce pas les clichés attachés à son métier. Il les assume plutôt. Mais il nous aide à en appréhender leur raison, leur origine. >
Avec son écriture élégante, son ironie distanciée, son humanisme à fleur de peau, il compose six récits plus troublants les uns que les autres. Mon préféré, c’est Les Pantoufles car le portrait du campagnard y est particulièrement saisissant. Empreint d’une infinie tendresse. Mais chaque lecteur, selon sa sensibilité, pourra être particulièrement touché par l’une ou l’autre de ses histoires, de ces réflexions.
Et au-delà de chaque histoire prise séparément, Bonne santé constitue un livre cohérent, drôle et immensément émouvant. Mon premier coup de cœur absolu de l’année 2005 !
Vincent
16 Novembre 2005
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C. Masson
C. Masson
N&B
Editeur : Casterman Collection : Ecritures Octobre 2005 - 200 Pages
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 © 2005 C. Masson, N&B - Casterman
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24 Juin 2009
claire
05 Juillet 2008
Al
03 Avril 2007
Georges
03 Mars 2006
laurent
03 Mars 2006 Rappel bref de chiffres, qu'on n'ose jamais nous presenter simultanément. Trop polémique. Trop tabou. Alors pour votre culture des statistiques morbides (source INSERM): En France, chaque année décèdent environ 530 000 pers. (sur 60 millions). Pour majorité, on va dire, la cause est la vieillesse (appareils circulatoire, respiratoire, digestif, maladies diverses). Puis 120 000 dus aux cancers. 11 000 suicides. 10 000 chutes. 10 000 accidents divers. 8 000 routes. 500 homicides. 1 000 au travail... Pour finir 280 000 nouveaux cancers chaque année, 800 000 personnes vivent avec 1 cancer. 2 millions ont eu un cancer. Presque la moitié sont dus au TABAC, une autre bonne partie à l'ALCOOL. Ca calme ! Donc merci d'évoquer enfin la plus grande cause de mortalité des pays développés, et où la France à beaucoup de retard sur le preventif. Charles, dans ton prochain bouquin, tu pourrais parler du tabou du tabagisme (par exemple, chez les medecins qui fument...) et de l'alcool (par exemple, chez nos vignerons qui continue d'affirmer l'effet bénéfique du rouge, contre l'avis général de la médecine). Bref sujet facile pour polémiquer et faire vendre, mais etant donné le nombre de vie en jeux et de souffrance que ca degage... peut-etre qu'un médecin pourrait se lancer sur le sujet en image. Merci encore pour ce très beau bouquin "Bonne santé". J'ajoute pas plus de commentaires aux critiques précédentes, déjà très bonnes. laurent
13 Décembre 2005 noir c'est noir ... la mort, le cancer, vu du côté des médecins qui doivent mentir, qui peuvent d'une parole enjoliver le vie ou d'un geste maladroit ou volontaire y mettre fin. c'est fort, monstrueusement vécu, mis en pages commes des petits journaux illustrant des "petits moments" qui en fait décident d'une vie ... on prend ceal dans la figure, brutalement, on essaye de s'iddentifier ... et cela ne peut laisser indiférent. un dessin noir, mis en page de façon forte, alternant avec de simples textes... un travail brillant, une de ces Bd choc comme on en voit peu.
Diane
02 Novembre 2005 Charles Masson fait tout pour sauver des vies et quand il n’y parvient pas, il nous en parle via la bande dessinée. Charles Masson est également un menteur professionnel, mais malheureusement ces récits et anecdotes correspondent bien à la réalité.
Dans "Soupe Froide" il faisait parler ceux à qui on ne donne jamais la parole, ici il parle de ceux qui ne parleront plus jamais, ceux qui arrivent à l’hôpital avec leur cancer, leur pyjama et leur pantoufles.
Tout comme dans "Soupe Froide" il nous parle d’une injustice et il le fait souvent avec un certain sarcasme et humour noir qui peut choquer mais qui se prête à merveille dans ce genre de situations où il est nécessaire de se former un carapace vis-à-vis du malheur. Eh oui, c’est dur la mort, mais quand c’est la fin d’un cauchemar on relativise.
Tout comme à la fin de "Soupe Froide" on aimerait bien crier « Saloperie de monde ! », mais à l’instar d’un reproche à la société on trouve dans ce nouveau récit une légère mise en question de Dieu, car tant d’horreur inutile peut finir par faire douter. Le récit est un peu moins fluide que dans "Soupe Froide" car divisé en 6 anecdotes/chapitres. Le dessin est toujours assez brut mais efficace et souvent merveilleusement décalé par rapport à la narration.
Et si certains ont déjà du se rendre dans un hôpital début janvier en détournant le regard de ces gens qui se promènent en peignoir et pantouflent et qui sentent la mort, Charles Masson, lui, regarde la mort en face et lui souhaite une "Bonne santé" ! yvan |
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